Bachir BOUMAZA
Un Homme, un Algérien...
Kherrata pleure la disparition d'un grand homme en la respectueuse personne de Bachir BOUMAZA, décédé vendredi matin, 6 novembre 2009, à Lausanne (Suisse) à l'âge de 82 ans.
Natif de Kherrata, Bachir Boumaza a rejoint les rangs du PPA-MTLD de Messali El Hadj après les massacres du 8 Mai 1945. Il rallie ensuite les rangs du Front de libération nationale en 1956 avant d'être arrêté par les autorités françaises en 1958.
Il réussit à s'enfuir de la prison de Fresnes en 1961 et part se réfugier en Allemagne.
Il rentre en Algérie à l'Indépendance et entre au gouvernement en qualité de ministre du Travail et des Affaires sociales il est nommé ensuite ministre de l'Economie nationale puis ministre de l'Industrie et de l'Energie. Au lendemain du «redressement révolutionnaire » de 1965, il intègre le Conseil de la révolution en tant que ministre de l'Information. Un poste qu'il quittera une année plus tard pour partir en France et se lancer dans l'opposition au président Houari Boumediene.
Bachir Boumaâza revient au-devant de la scène politique à la faveur de la création de la Fondation du 8 Mai 1945 puis, en 1997, en qualité de premier président du Conseil de la Nation. Boumaza quittera cette institution en 2001, mettant ainsi fin à une longue carrière d'homme politique.
À Kherrata, déjà bien avant la guerre de libération nationale, Si Bachir Boumaza faisait figure de héros. Il s'était à différentes reprises distingué par un courage extraordinaire en manifestant son dévouement total à la cause de ses compatriotes. Les personnes de sa génération se rappellent encore les actes de courage accomplis par cet homme sans peur, au caractère indomptable et fier.
Si Bachir fut constamment l'objet d'une surveillance attentive de la part de l'administration coloniale avec laquelle il avait souvent maille à partir. À ce propos, une fois, il gifla un gendarme français parce que celui-ci avait manqué de respect à un algérien autochtone. Déféré illico à la justice, le juge demanda au prévenu la raison de cette transgression.
—Le gendarme m'a offensé ! répondit péremptoirement Si Bachir.
—Mais non, intervint le brigadier, je ne lui ai même pas adressé la parole !
Sans attendre la permission du juge, Si Bachir expliqua :
— Oui, mais vous ayant entendu traiter de « sale race » mon compatriote, je me suis également senti concerné et touché dans ma dignité. De quel droit vous permettez-vous de porter atteinte à notre origine ? Monsieur le Juge, quelle serait votre réaction si quelqu'un osait blesser votre honneur ?
Fort de sa connaissance des droits de l'homme et de ses notions du droit positif, Si Bachir avait la répartie facile. Son verbe juste et truculent faisait le reste. Même le greffier français, connu pour sa disposition hostile envers la population indigène, rentrait chez lui en empruntant un chemin plus long pour ne pas passer devant la maroquinerie de Si Bachir en prenant ainsi le risque d'être apostrophé par celui-ci. Dans le village, on aimait répéter sur un ton passionné que « Si Bachir a interdit à l'officier public de fouler son trottoir ! »
Ayant toujours combattu pour la liberté de sa patrie, Si Bachir fut arrêté à différentes reprises par la police administrative, ou par les services de sécurité de Bougie et de Sétif. Quand il se trouvait à Kherrata après ses mises en liberté, il aimait retrouver la compagnie de mon père qu'il appelait « Khali Ali », sa mère et Zizi étant du même lignage. Les deux hommes avaient le même caractère trempé, les mêmes atomes crochus. De ce fait, ils passaient des heures à parler de la vie politique, de l'avenir de l'Algérie...
Exilé en France pendant la Révolution, il fut l'un des principaux responsables du FLN établi en métropole. Emprisonné à la maison d'arrêt de Frênes, il s'en échappa en mettant sur pied une évasion spectaculaire dont le journal Le Monde en fit largement écho. Ammi El Hocine, un ex codétenu de Si Bachir, se souvient de cet homme hors du commun dont le courage et le sens de l'organisation avaient permis aux prisonniers Algériens de supporter sans trop de dommages leur détention.
« Dans cet impitoyable univers carcéral, il tenait tête à nos geôliers et formulait sans cesse des revendications à l'administration pénitentiaire. Par ailleurs, il écrivait un livre et nous incitait à nous instruire. Si Bachir était un homme. Un vrai. Il avait une âme chevillée au corps. Et il portait l'Algérie dans son cœur. »
Le cinq juillet 1962, à l'instar de tout le pays, la population de Kherrata en liesse fêtait l'indépendance de l'Algérie. En ce jour béni, les rues pavoisées furent envahies par les manifestants ; les gens criaient, chantaient, dansaient dans un tintamarre de klaxons, de youyous, de crépitements de mitraillettes et d'éclatements de pétards, tandis qu'un haut-parleur diffusait des chants patriotiques.
Debout sur le perron de la boutique de son père — Sidi Mansour — Si Bachir contemplait en silence cette euphorie générale. Je m'approchai de lui pour lui demander d'allumer mon pétard ; devinant mon intention, il plongea la main dans sa poche et retira une boîte d'allumettes qu'il me remit en me priant d'aller faire claquer mon explosif plus loin.
Plus tard, Si Bachir remplira plusieurs fois les fonctions de ministre dans le nouveau gouvernement algérien. Son passage dans son village natal créait toujours l'événement. C'était l'occasion pour ses concitoyens de lui rendre visite au domicile de son père. En l'occurrence, la maison familiale se transformait en une sorte d'amphithéâtre sans gradins où s'engageaient des discussions interminables autour de divers sujets. C'était pour tout le monde un moment privilégié. Possédant une vaste culture, Si Bachir diffusait ses connaissances à profusion éveillant un intérêt général croissant. Dans sa bouche, les mots valaient des livres...
Peu de temps après, il créera la Fondation du 08 mai 1945 pour dénoncer les actes génocides perpétrés par le pouvoir colonial français contre le peuple algérien durant la colonisation du pays, et pour demander justice de ces crimes imprescriptibles contre l'humanité.
Ensuite, il occupera les hautes charges de président du Sénat. À la faveur de son élection à ce perchoir, je lui adressai une lettre de félicitations ainsi rédigée :
Monsieur le Président,
C'est avec une indicible fierté, et une joie sans borne, que nous avons appris votre élection à la tête du Conseil de la Nation.
En cette heureuse occasion, ma famille et moi-même vous présentons nos vives félicitations.
Avec vous, nous sommes sûrs que l'exercice de la démocratie deviendra une réalité dans notre pays. Une réalité tant rêvée. Une réalité tant attendue.
D'ailleurs, votre investiture a suscité dans la région une satisfaction générale. Votre glorieux passé, votre intégrité, et votre envergure intellectuelle, sont régulièrement mis en exergue par la majorité, et ses qualités ont même fini par forcer le respect des autres.
J'en veux pour exemple le ton admiratif exprimé par les téléspectateurs et les lecteurs en commentant vos déclarations métaphoriques à la télévision ou dans la presse.
Comme moi, tous les citoyens de ce beau pays fondent un grand espoir sur l'assemblée que vous avez l'honneur de présider : celui de redonner à l'Algérie sa grandeur et son aura, sa fierté et sa sagesse, son histoire et sa culture.
À ce titre, je vous renouvelle mes chaleureuses félicitations et vous présente, pour 1998, mes meilleurs voeux de bonheur, de santé, et de réussite dans votre nouvelle et noble mission.
« L'Algérie est le bien de tous, œuvrons tous pour son bien »
Kherrata, 2 janvier 1998,
Khaled Lemnaouer.
CREATION DE LA FONDATION DU 8 MAI 45
L'évolution en cours semblait donc annoncer une convergence des travaux historiques, favorable à un accord sue les grandes lignes du sujet entre les historiens des deux pays. Mais elle fut perturbée par un événement imprévu, lié à la transformation soudaine de la vie politique algérienne par la libéralisation du régime politique algérien en 1989 et par la contestation croissante des islamistes.
C'est en 1990 que fut créée la Fondation du 8 mai 1945 par l'ancien ministre Bachir Boumaza, natif de Kherrata au nord de Sétif. Suivant l'un de ses premiers manifestes, celle-ci était « née dans un contexte politique dangereux. Celui de la révision insidieuse par certains nationaux, y compris dans les cercles du pouvoir, de l'histoire coloniale. Procédant par touches successives, certains hommes politiques ont, sous prétexte de 'dépasser' une page noire de l'histoire coloniale, encouragé la 'normalisation' des rapports entre l'ancienne puissance dominatrice et son ancienne colonie ». C'est pourquoi la Fondation s'est donnée pour objectifs de « réagir contre l'oubli et réanimer la mémoire, démontrer que les massacres de Sétif sont un crime contre l'humanité et non un crime de guerre comme disent les Français », pour « obtenir un dédommagement moral » Ainsi, l'histoire a été mobilisée au service de la mémoire et de la politique au lieu d'être reconnue comme un but propre.
L'une des idées directrices de la Fondation est en effet d'interpeller la conscience des Français et des autres peuples européens qui « ne semblent s'indigner que sur l'holocauste commis contre les juifs. Cette ségrégation entre les massacres est une tare du monde occidental » Bachir Boumaza constate : « On applique et on reconnaît le crime contre l'humanité à propos des juifs, mais pas aux Algériens, dont on oublie qu'ils sont des sémites ». Il présente son action comme un effort pour « décoloniser l'histoire et situer la colonisation dans l'histoire de l'humanité », « une tentative saine et correcte d'écrire l'histoire. Le phénomène colonial est porteur de certaines valeurs qui doivent disparaître. Elles ne le sont pas encore. Et son expression la plus réussie est ce terme de crime contre l'humanité qui est réservé à une catégorie spéciale de la population ». A son avis, la colonisation française en Algérie « présente, dans toutes ses manifestations, les caractéristiques retenues au tribunal de Nuremberg comme un crime
contre l'humanité » ; et il ajoute : « J'ai suivi le procès Barbie. Depuis 1830, l'Algérie a connu des multitudes de Barbie », lesquels n'ont pas été condamnés parce que leurs crimes contre des Algériens n'étaient pas considérés comme tels. On voit que l'histoire est ici totalement subordonnée à des motivations politiques extérieures au sujet.
55e anniversaire du déclenchement de la Révolution Algérienne
Hommage à la génération de
Novembre
13 février 1960 :
L'explosion de la première bombe atomique française à Reggane
et qui est trois fois plus puissante et dévastatrice que celle utilisée par
les Américains à Hiroshima.
18 février 1960 :
Réunion entre les représentants du GPRA et ceux du gouvernement
français dans le but d'arriver à un accord portant sur le cessezfeu.
24 février 1960 :
Le principe de l'autodétermination est accepté par le GPRA.
1er mars 1960 :
L'Organisation criminelle OAS redouble de violence à l'égard des
Algériens.
05 mars 1960 :
Rencontre à Lausanne des délégations algérienne et française
pour reprendre les négociations au sujet de l'autodétermination.
27 mars 1960 :
Le colonel «Si Lotfi» tombe au champ d'honneur près de Béchar
25 juin 1960 :
Echec des premières négociations de «Moulane» en Suisse entre
le FLN et le gouvernement français.
22 août 1960 :
Le GPRA exige la tenue du référendum de l'autodétermination
du peuple algérien sous la surveillance de l'instance des Nations
unies.
21octobre 1960 :
Le général De Gaulle déclare : «La paix en Algérie est pour bientôt
».
11 décembre 1960 :
Des grandes manifestations populaires sont organisées à travers
plusieurs quartiers d'Alger et sont violemment réprimées.
8 janvier 1961 :
75,25% des Français d'Algérie disent oui à l'autodétermination
du peuple algérien dans le référendum organisé par De Gaulle en
Algérie.
16 janvier 1961 :
Le GPRA déclare être prêt à négocier avec le gouvernement français.
15 mars 1961 :
Le GPRA et le gouvernement français annoncent le début des négociations
d'Evian pour le 7 avril 1961.
11 avril 1961 :
Le général De Gaulle annonce dans une conférence de presse de
son accord de principe d'un Etat algérien indépendant.
22 avril 1961 :
Coup d'Etat avorté contre le général De Gaulle
14 mai 1961 :
Le FLN enclenche une offensive contre les éléments de l'OAS
causant à cette dernière de grandes pertes.
20 juillet 1961 :
Reprise des négociations de Lausanne entre le GPRA et le gouvernement
français après l'échec de 13 juin 1961.
9 août 1961 :
Le CNRA annonce à partir de Tripoli la désignation de Benyoucef
Benkheda au poste de président du GPRA en remplacement à Ferhat
Abbas.
5 septembre 1961 :
Le général De Gaulle reconnaît pour la première fois l'algérianité
du Sahara et la justesse des revendications du GPRA sur la question
du Sahara.
17 octobre 1961 :
Grandes manifestations organisées à Paris par la communauté
algérienne de France et qui se sont achevées par un véritable massacre.
2 novembre 1961 :
Cinq responsables du FLN, Ben Bella, Aït Ahmed, Khider, Bitat
et Boudiaf déclenchent une grève de la faim.
21 février 1962 :
Le conseil des ministres français approuve le principe du cessezle-
feu.
22 février 1962 :
Le CNRA approuve le projet de négociations d'Evian.
7 mars 1962 :
Début officiel du 2e round des négociations d'Evian.
18 mars 1962 :
Le GPRA et le gouvernement français signent le document portant
sur les accords d'Evian après des négociations marathoniennes.
19 mars 1962 :
Proclamation du cessez-le-feu.
8 avril 1962 :
90,7% des Français approuvent les accords d'Evian lors d'un
référendum organisé en France.
1er juillet 1962 :
L'Organisation en Algérie du référendum sur l'autodétermination
du peuple algérien sur 6.017.680 votants, 5.975.581 disent oui à
Voir et commenter l'article
55e anniversaire du déclenchement de la Révolution Algérienne
Hommage à la génération de Novembre
25 février 1957 :
Arrestation à Alger de Larbi Ben M'hidi. Après toutes sortes de
tortures pratiquées sur sa personne, les autorités françaises, entre
autres Bigeard, ont décidé de son exécution.
03 mars 1957 :
Le héros Larbi Ben M'hidi est officiellement mort. Après plusieurs
jours de torture, il a été sauvagement exécuté.
15 juin 1957 :
Disparition suspecte du militant de la cause nationale Maurice
Audin.
20 septembre 1957 :
La question algérienne est inscrite pour la seconde fois à l'ordre
du jour des travaux de l'instance onusienne.
08 octobre 1957 :
Ali Ammar, Hassiba Ben-Bouali, Mahmoud Bouhamidi et Petit
Omar Yacef laissent leur vie à l'issue d'une série d'explosions perpétrées
par les parachutistes français dans la Casbah où 30 autres personnes
ont péri.
22 décembre 1957 :
Disparition de Abane Ramdane
08 février 1958 :
L'aviation française bombarde Sakiat Sidi-Youcef situé dans les
frontières algéro-tunisienne causant la mort de 72 civils dont plusieurs
enfants.
19 septembre 1958 :
Constitution du GPRA, Gouvernement provisoire de la
République algérienne, présidé par Ferhat Abbas et qui tiendra sa première
réunion une semaine plus tard, soit le 26 septembre 1958 et
dans laquelle, le GPRA fait part aux autorités françaises de sa disponibilité
et de son engagement à entamer les négociations à condition
que la France reconnaisse l'indépendance et la dignité du peuple
algérien.
28 septembre 1958 :
Le gouvernement français décide l'organisation d'un référendum
sur la constitution de la cinquième république et ce, en France et en
Algérie.
13 novembre 1958 :
Les cinq dirigeants que sont Ben Bella, Aït Ahmed, Lachraf,
Boudiaf et Khider sont transportés à l'hôpital suite à une grève de la
faim qu'ils ont observée pendant plusieurs jours.
29 mars 1959 :
Le colonel Amirouche et le colonel Si-El-Haouès tombent au
champ d'honneur après avoir longuement résisté aux forces coloniales
et ce, dans la région de Bousaâda.
05 mai 1959 :
Ahmed Bouguerra tombe au champ d'honneur dans les environs
de Médéa.
22 mai 1959 :
Assassinat par l'organisation terroriste «La Main rouge» de l'avocat
maître Ould Aoudia à Paris. Il était chargé de la défense d'un
groupe d'étudiants arrêtés par les autorités françaises.
26 juillet 1959 :
Le leader du mouvement syndical algérien, Aïssat Idir, mourut
suite aux tortures qu'il a subies durant tout un mois.
16 septembre 1959 :
Déclaration du général De Gaulle quant au droit du peuple algérien
d'autodétermination par le biais d'un référendum général.
6 décembre 1959 :
Le bureau du FLN à New York met en circulation un document
sur le nombre des forces armées qui participent à la guerre d'Algérie.
- Forces terrestres : 774.000 soldats
- Forces aériennes : 40.000 soldats + 1000 avions
- Forces navales 25.000 marins activant dans 2/3 de la flotte
navale française
28 janvier 1960 :
Le général De Gaulle déclare dans un discours que le principe de
l'autodétermination du peuple algérien est l'unique solution pour préserver
la dignité du gouvernement français.
13 février 1960 :
L'explosion de la première bombe atomique française à Reggane
et qui est trois fois plus puissante et dévastatrice que celle utilisée par
les Américains à Hiroshima.
18 février 1960 :
Réunion entre les représentants du GPRA et ceux du gouvernement
55e anniversaire du déclenchement de la Révolution Algérienne
Hommage à la génération de Novembre
06 mars 1954 :
Naissance du Comité révolutionnaire pour l'unité et l'action
(CRUA) qui avait pour but de trouver une direction unifiée pour la
future Révolution du 1er Novembre 54, optant pour la Lutte armée
comme unique solution pour la restitution de l'Indépendance.
23 juin 54 :
Réunion du Groupe des «22» dans la maison du moudjahid Lyès
Derriche au «clos Salembier» pour prendre les dispositions nécessaires
en vue du déclenchement de la Lutte armée. Cette réunion historique
a été présidée par le chahid Mostefa Benboulaïd.
05 juillet 1954 :
Dissolution du CRUA
07 juillet 1954 :
Voyage de Mohamed Boudiaf en Suisse dans le but de rendre
compte à Ahmed Ben Bella des décisions prises lors de la réunion des
22.
10 octobre 1954 :
Réunion à Raïs Hamidou, ex-Pointe Pescade, du Comité des
«Six» et dans laquelle, il a été décidé la division du territoire national,
dans un premier temps, en cinq régions et la désignation de :
Mostefa Benboulaïd, Mourad Didouche, Krim Belkacem, Rabah
Bitat et Mohamed Larbi Ben M'hidi comme premiers responsables
de ces régions.
23 octobre 1954 :
Réunion du Comité des «Six», toujours à Raïs Hamidou, dans
laquelle trois importantes décisions avaient été prises :
1) Dénomination du mouvement national au nom de «Front de
libération national» (FLN).
2) Désignation du 1er Novembre 1954 comme début de la Lutte
armée avec le maintien de cette date dans le secret total.
3) Khaled, Okba et Allah Akbar étaient les mots de passe entre
moudjahidine.
24 octobre 1954:
Réunion du Comité des Six où il a été étudié le contenu et la
forme de l'appel du 1er Novembre.
1er novembre 1954 :
Proclamation de la déclaration du 1er Novembre qui vise essentiellement
au recouvrement de l'indépendance nationale, à l'édification
d'un Etat démocratique social, et le respect de toutes les libertés.
02 novembre 1954 :
Arrestation de nombreux militants et responsables du MTLD par
les autorités militaires françaises.
05 novembre 1954 :
Dissolution du MTLD et interdiction de parution de ses deux
journaux.
• 11 novembre 1954 :
Ahmed Zabana est arrêté après avoir été grièvement blessé lors
d'un accrochage avec les forces ennemies.
12 novembre 1954 :
L'armée coloniale bombarde pour la première fois depuis le début
de la Lutte armée des positions des moudjahidine dans l'Aurès.
19 novembre 1954 :
Le héros «Badji Mokhtar» tombe au champ d'honneur dans les
environs de Souk-Ahras.
15 janvier 1955 :
Le ministre de l'Intérieur français François Mitterrand soumet au
Parlement français le projet de loi portant application de la loi 1947
relative à l'intégration de l'Algérie à la France.
18 janvier 1955 :
Didouche Mourad tombe au champ d'honneur lors d'une bataille
à Constantine.
11 février 1955 :
Arrestation de Mostefa Benboulaïd aux frontières tuniso-libyenne
alors qu'il se dirigeait vers Tripoli pour rencontrer Ahmed Ben-Bella.
23 mars 1955 :
Arrestation de Rabah Bitat
26 mars 1955 :
Soutien logistique et financier de l'OTAN au gouvernement français
pour faire face à la Révolution algérienne.
18 avril 1955 :
Une délégation algérienne du FLN participe en tant qu'observateur
au sommet afro-asiatique de Bandoeng.
23 avril 1955 :
Des colons constituent les premières milices dénommées «La
Main rouge» dans le but de semer la terreur au sein de la population
algérienne.
16 mai 1955 :
Renforcement des autorités françaises de ses forces armées par
l'envoi d'un convoi de 40.000 soldats venus de la France ainsi que le
rappel des réservistes.
20 août 1955 :
L'offensive historique du nord constantinois sous la houlette de
Zighoud Youcef, ce qui avait permis d'atténuer la pression sur les
Aurès.
06 novembre 1955 :
Mostefa Benboulaïd s'évade de la prison de Constantine en compagnie
de frères condamnés à mort tels Tahar Zbiri et Sebti Djebbar.
10 décembre 1955 :
Renforcement des forces françaises par le rappel de 190.000 nouveaux
soldats. Le nombre total a atteint à cette date 310.300 soldats
français.
20 janvier 1956 :
Les étudiants algériens répondent massivement à l'appel de
l'Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) qui
les invite à l'arrêt des cours et d'observer une grève de faim d'une
journée.
24 février 1956 :
Création de l'UGTA sous la présidence de Aïssat Idir.
22 mars 1956 :
Mostefa Benboulaïd tombe au champ d'honneur à Tafrent dans
les Aurès.
12 avril 1956 :
Début des contacts au Caire entre les représentants du FLN et
ceux du gouvernement français.
1er mai 1956 :
Arrêt des discussions secrètes entamées au Caire.
19 mai 1956 :
Grève générale des étudiants suite à l'appel de l'UGEMA.
A cet effet, un nombre important des étudiants et des lycéens
montent au maquis et renforcent les rangs de l'ALN et du FLN.
23 mai 1956 :
Arrestation de Aïssat Idir ainsi que plusieurs membres de
l'UGTA.
19 juin 1956 :
Ahmed Zabana, de son vrai nom Ahmed Zahana devient le premier
chahid algérien guillotiné.
26 juin 1956 :
Découverte du pétrole dans la région de Hassi Messoud.
16 juillet 1956 :
D'importants chefs d'Etat des pays non-alignés à l'image de
Nehru, Djamel Abdennasser, Tito et Soukarno, réunis à Nairobi, font
part de leur soutien et de leur solidarité au peuple algérien dans sa
noble lutte.
20 août 1956 :
Le premier congrès de la Révolution algérienne «Congrès de la
Soummam» se tient à Ifri-Ouzellaguen, Béjaïa. Entre autres décisions
prises : création du Comité de coordination et d'exécution (CCE) issu
du CNRA et l'entrée en lice d'une sixième région dans la division du
territoire national.
23 septembre 1956 :
Le héros Zighoud Youcef tombe les armes à la main lors d'un
accrochage avec les forces ennemies près de Sidi-Mezghiche, dans la
wilaya de Skikda.
22 octobre 1956 :
L'avion qui transporte cinq dirigeants de la Révolution algérienne,
en l'occurrence Boudiaf, Aït Ahmed, Ben Bella, Khider et l'écrivain
Lachref, détourné en plein ciel par l'armée française. L'appareil
qui se dirigeait vers Tunis a été forcé d'atterrir à Alger et les «Cinq»
ont été arrêtés et emprisonnés.
15 novembre 1956 :
La question algérienne est inscrite à l'ordre du jour des travaux de
l'Assemblée générale des Nations unies.
28 janvier 1957 :
Le peuple algérien observe une grève générale de huit jours en
guise de solidarité avec la direction du FLN.
15 février 1957 :
L'Assemblée générale des Nations unies vote une résolution qui
invite les acteurs concernés par la guerre d'Algérie à trouver une
solution juste et pacifique.
(suite)
29ème anniversaire
du
Printemps berbère


Le
Printemps berbère désigne l'ensemble des manifestations réclamant
l'officialisation de la langue tamazight et la reconnaissance de
l'identité et de la langue berbère en Algérie à partir de mars 1980 en
Kabylie et à Alger.
Il s'agit du premier mouvement populaire d'opposition aux autorités depuis l'indépendance du pays en 1962.
LES ÉVÉNEMENTS
10 mars 1980 :
les responsables du Centre universitaire de Tizi Ouzou annulent une
conférence de l'écrivain Mouloud Mammeri sur la poésie kabyle ancienne.
Les personnes à l'origine de cette décision refusent de s'expliquer —
il s'agirait d'un ordre émanant de l'État.
11 mars : manifestations à Tizi Ouzou, grèves en Kabylie et à Alger.
7 avril :
imposante manifestation à Alger. La répression est féroce et la journée
se solde par une centaine d'arrestations, de nombreux blessés et
peut-être un mort. D'autres rassemblements ont lieu dans plusieurs
villes en Kabylie.
7 avril : début de la grève à l'université de Tizi Ouzou.
8 avril : une autre manifestation converge vers Alger, mais sans réactions violentes des forces de police.
10 avril :
grève générale en Kabylie. Le syndicat étudiant (UNJA) proche du
gouvernement, dénonce des manifestants « téléguidés de l'extérieur ».
17 avril :
dans un discours, le président algérien Chadli Bendjedid déclare que
l'Algérie est un pays « arabe, musulman, algérien », et que « la
démocratie ne signifie pas l'anarchie ». Le même jour, les grévistes
sont expulsés de l'hôpital de Tizi Ouzou et des locaux de la SONELEC.
23 avril : l'université de Tizi Ouzou est prise d'assaut par les forces de l'ordre au cours de l'opération Mizrana.
LES CAUSES
Les
berbérophones représentent de un quart à un tiers de la population
algérienne. Depuis l'indépendance de ce pays, l'arabe succède au
français comme langue officielle. La politique linguistique algérienne
se traduit par une arabisation massive de l'administration et de
l'enseignement.
La
réflexion sur la situation linguistique est d'abord le fait
d'intellectuels expatriés (Taos Amrouche, Mouloud Mammeri et des
membres de l'Académie berbère).
À
l'intérieur du pays, c'est en Kabylie que se trouve la plus importante
concentration de berbérophones. L'université de Tizi-Ouzou, créée dans
cette région en 1977, est un lieu d'échange, y compris sur le plan
culturel. Comme ailleurs, l'organisation de débats et de concerts,
ainsi que la représentation de pièces en langue berbère y sont soumises
à autorisation — par ailleurs souvent refusées.
Le
mouvement se poursuit en faveur des 24 détenus (dont Saïd Saadi,
Mouloud Lounaouci, Mustapha Bacha, Saïd Khelil, Djamel Zenati, Ali
Brahimi , Salah Boukrif...) et parvient à les faire libérer au mois de
juin.
Dès
lors, le mouvement berbère tiens des assises au mois d'août lors du
Séminaire de Yakouren. Il décide de capitaliser l'avancée de ses idées
dans le corps social en multipliant les activités de terrain par la
voie pacifique.
C'est
ainsi que, dès la rentrée universitaire d'octobre 1980, chaque campus
universitaire du centre du pays se dote d'un collectif culturel en
charge de la promotion des activités culturelles berbères en milieu
universitaire. Dès janvier 1981, de nombreux lycées suivent.
Théâtre,
chansons engagées foisonnent et expriment un bouillonnement inattendu
chez les descendants de l'« Eternel Jughurta ». Mais c'est le succès
considérable des "cours sauvages de berbère" animés par Salem Chaker à
la Faculté Centrale d'Alger et par Mustapha Benkhemou à l'Université de
Bab Ezzouar et dans les Instituts de Boumerdès qui pousse les autorités
algériennes à mettre le holà.
Une
grossière provocation policière est le prétexte à l'arrestation de 22
étudiants dont 3 récidivistes (Arezki Aït Larbi, Mustapha Bacha et
Salah Boukrif), ainsi que Mustapha Benkhemou et Abderrezzak Hamouda (le
fils du glorieux Colonel Si El Houas) de M'chounech dans les Aurès.
LES CONSÉQUENCES
Sur
le plan social, le mouvement traduit l'émergence d'une génération
d'intellectuels engagés dans le combat démocratique (Tahar Djaout,
Ferhat...).
Sur le plan culturel, le Printemps berbère brise le tabou linguistique et culturel :
il
est la traduction d'une remise en cause de l'arabisation intensive de
l'administration au détriment du berbère. Cette prise de conscience
identitaire a également touché le Maroc voisin, où ces événements sont
commémorés chaque année par les étudiants berbérophones.
Les Amazighs
Les Amazighs (ou Berbères) sont répartis en différents groupes sur l'Afrique du Nord, aussi appelé Tamazgha, « Terre des hommes libres » :
Les Chleuhs dans la vallée du Souss, le Haut et l'Anti-Atlas (Maroc)
Les Rifains dans le Rif (Maroc)
Le Zayanes au Moyen Atlas (Maroc)
Les Chaouis dans les Aurès (Algérie)
Les Chenouis dans la région du Chenoua (Algérie)
Les Kabyles en Kabylie (Algérie)
Les Mozabites dans la vallée du Mzab (Algérie)
Le mouvement a été
préparé dès le début des années 1950
L’encadrement de la
grève historique des étudiants du 19 mai 1956 a été assuré par le mouvement de
libération national bien avant le déclenchement de la guerre de libération.
C’est ce qu’a indiqué Abderrezak Bouhara, lors du forum d’El Moudjahid
Cette anticipation s’est vérifiée dès 1953, à Constantine, quand une action
d’organisation a été menée par un groupe d’étudiants, entre autres Belaïd
Abdeslam et Hihi Mekki, principal animateur, «qui s’est distingué lors de l’assemblée générale constitutive de
l’association l’Essor estudiantin», a affirmé le conférencier, lui-même
témoin et participant à la préparation de la grève des étudiants.
Les surveillants des
lycées ont chapeauté l’opération. Des réunions de sensibilisation des étudiants
et des lycéens ont eu lieu pour une prise de conscience. En novembre 1954, date
du déclenchement de la guerre, le climat était déjà préparé, d’ailleurs, dira
l’orateur, beaucoup d’étudiants et de lycéens ont rejoint le maquis avant même
l’annonce de la grève. Et certains sont tombés au champ d’honneur comme
Abdelhak Kouicem, Slimane Fredja, Ali Mekki. Puis vint le 20 août 1955 qui a
énormément secoué les consciences, marquant un tournant décisif dans l’histoire
de la guerre de libération.
«Des jeunes, chacun selon ses compétences et ses capacités,
ont mené une lutte acharnée pour la libération du pays. On suivait de près ce
qui se passait dans le monde, ce qui a participé à élever notre niveau de
conscience», indique
M. Bouhara.
Abasourdis par le
nombre des lycéens qui prenaient le maquis, les colonisateurs français ont été
contraints de diriger une propagande auprès des familles les incitant à
interdire à leurs enfants de monter au maquis «parce qu’ils seront tués par les fellagas».
Une ruse qui a échoué à l’évidence. Le conférencier n’a pas tu les problèmes et
autres difficultés qu’ont connu les intellectuels «mais pour des raisons liées à leur position politique»,
précise-t-il.
Djelloul Melaïka a également mis en exergue le nationalisme qui habitait
l'ensemble du peuple algérien, face à une France coloniale qui pratiquait à
l'encontre des Algériens une politique faite «d'expropriation des biens, de colonisation des terres et de maintien du
peuple algérien dans l'ignorance».
Mme Zoulikha
Benkaddour, qui a obtenu son baccalauréat en 1953 à Tlemcen, a, quant à elle,
parlé de son expérience personnelle, notamment, lors de la fondation de l'UGEMA
et le moment de sa montée au maquis en 1956.
Le 19 mai 1956, soit
dix mois après la création de l'UGEMA, les dirigeants de cette organisation
lançaient un appel à la grève générale adressé à leurs camarades inscrits à
l'université d'Alger et dans d'autres universités en France et dans les pays
arabes, mais aussi aux lycéens et collégiens algériens. Et c'est par centaines
que les universitaires algériens répondaient à l'appel du devoir, rejoints par
des lycéens dans les maquis aux côtés des djounoud de l'ALN, pour lutter contre
l'ordre colonial avec pour objectif l'indépendance nationale.
« Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas
de meilleurs cadavres. A quoi donc serviraient ces diplômes qu'on continue à
nous offrir pendant que nos mères, nos épouses, nos sœurs sont violées, pendant
que nos enfants, nos vieillards tombent sous les mitrailles, les bombes du
napalm ? Et nous «les cadres de demain», on nous offre d'encadrer quoi ?
d'encadrer qui ?
Les ruines et les monceaux de cadavres », s'interrogeaient les
rédacteurs de l'appel.
À la mémoire des Martyrs algériens
tombés à Sétif, Guelma, Kherrata…
Kherrata la martyre
K herrata, te
souviens-tu, te souviens-tu 8 mai ?
H ommes, femmes et vieillards, enfants et bébés.
E xterminés,
torturés, mutilés, humiliés.
R atissages, horreurs, terreurs et atrocités.
R épression, blessures, génocide sans pitié.
A ssassinats, massacres, haine, hostilités.
T e souviens-tu, Kherrata, te souviens-tu 8 mai ?
A h ! Fier peuple martyr, frères et sœurs mes aînés.
L ’Histoire indélébile n’est pas effacée.
A utour, ici, là,
là-bas et ailleurs, c’est marqué.
M artyre dans ta chair et dans ton âme blessée,
A rriveras-tu à guérir tes profondes plaies,
R ançon payée pour la dignité, la liberté ?
T e souviens-tu, Kherrata, te souviens-tu 8 mai ?
Y eux mouillés,
tristesse et le cœur mortifié,
R emémore, remémore encore pour ne pas oublier,
E t glorifie tes chers enfants morts... immortalisés !