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Catégorie CULTURE

La Grotte Féerique d’Aokas


 

L

a grotte féerique d'Aokas (Béjaia, Algérie) a été découverte en 1962, par hasard, au cours des travaux de percement d'un tunnel.



 

Le qualificatif accolé à cette grotte peut paraître quelque peu exagéré, mais il suffit de visiter la caverne pour se rendre vite compte qu'il n'est nullement démesuré tant les yeux ne cessent de s'écarquiller devant l'éclat d'une beauté naturelle rarissime ! Un long couloir naturel de 60 mètres environ permet l'accès à l'impressionnante cavité. Celle-ci est une grande salle dont la voûte rocheuse laisse pendre une nuée de stalactites de tailles et de formes diverses.

 

Trois colonnes, dont l'une se distingue particulièrement des autres par sa hauteur et sa beauté, donnent l'impression énorme de soutenir la voûte.

 

De part et d'autre de la colonne principale, des colonnes engagées les unes dans les autres évoquent, par le dessin de leurs cannelures, des temples bouddhistes, ou encore des châteaux sortis des temps immémoriaux.

 

Plus loin, la présence d'une petite nappe d'eau apporte une note surréaliste à ce décor fantastique.

 

Suivant les caprices de la nature, les stalagmites laissent deviner des formes humaines, des formes animales ou des formes végétales. Sous l'effet du clair-obscur que produit la lumière des projecteurs sur les stalagmites, apparaissent comme par enchantement de véritables statuettes ressemblant d'une manière surprenante, tantôt à la vierge et son enfant, tantôt à une procession de femmes kabyles allant à la fontaine, les unes tenant dans les bras leur enfant, les autres portant des cruches à même le dos.

 

Dans cette féerie générale des formes et des couleurs, l'apparition soudaine d'une fée avec ses habits majestueux, sa baguette magique et son sourire enchanteur, serait chose normale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Posté le 20/07/2009 | 99 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Kherrata, Mariage et cérémonie du henné

Dans certaines familles de Kherrata, cette coutume se déroule de façon ludique. Voici comment : au milieu de la grande cour, les femmes sont rassemblées en arc. Dehors, des hommes accroupis et dissimulés sous un burnous ample imitent la marche du canard en s’avançant jusqu’au demi-cercle formé par les dames. 

 

Là, ils font apparaître sous le grand manteau de laine une rangée de mains droites que la tante la plus âgée doit examiner une à une en vue de découvrir celle qui appartient au nouveau marié. Lorsque la vieille parente déclare avoir formellement reconnu la main de l’heureux élu qu’elle gardera dans la sienne, les hommes se dévoilent aussitôt pour infirmer ou confirmer le résultat.

 

En cas d’insuccès, les femmes sont tenues alors de s’acquitter d’un gage sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes qu’un représentant désigné à l’avance — généralement un cousin – est chargé de ramasser.

 

Les échecs répétés de « l’investigatrice » ne manquent pas de déclencher des moments d’hilarité mémorables. Cependant, afin de remplir la cagnotte du jeune marié, les hommes n’hésiteront pas à tricher. Leur subterfuge se manifestera de deux manières : sous le burnous, le marié sera absent ou, s’il faisait partie du groupe, il ne sortirait pas sa main. De ce fait, les femmes seront d’avance perdantes et la collecte des fonds intéressante.

 

Quand la vieille tante s’emparera enfin de la bonne main, la victoire tant attendue sera saluée par une formidable explosion de youyous et d’exclamations de joie. La cérémonie du henné pourra alors commencer : assis côte à côte, les deux jeunes époux tendront leurs mains droites que la brave vieille femme fatiguée, mais heureuse, enduira de cette substance colorante rouge en entonnant un chant langoureux vantant les vertus du mariage. De temps à autre, des youyous entrecouperont cette longue et émouvante litanie.

 

Les époux vivront heureux et auront beaucoup d’enfants…

 


Posté le 29/12/2008 | 210 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Kherrata, M. Challal, directeur d'école

Après monsieur Tréchet, un Français ambitieux et sévère, candidat malheureux aux municipales de 1960, le directeur de notre école fut monsieur Challal Djoudi, un Algérien kabyle dont la nomination à ce poste éveillait chez la population indigène une certaine fierté.

 Monsieur Challal, en sa qualité de directeur, était chargé de l’instruction des grandes classes, en l’occurrence le Cours fin d’Études (C.F.E.), dont je faisais partie. Peut-être était-ce sa bonhomie rassurante, son appartenance à la culture berbère — ou parce que c’était le père de notre camarade de classe Bachir – en tout cas, nous étions unanimes pour dire que « Monsieur Challal était le meilleur maître que nous ayons eu ». Et pourtant, les instituteurs précédents n’étaient pas incompétents, loin s’en faut !

Oui, monsieur Challal avait des méthodes pédagogiques infaillibles pour rendre claire la plus alambiquée des leçons. Avec lui, le subjonctif passé se conjuguait aussi facilement que le présent de l’indicatif ; l’accord du participe passé ne faisait plus l’objet de confusions ; les règles complexes de l’orthographe d’usage et grammaticale devenaient aussi limpides que l’eau de roche ; la mémorisation des dates historiques relevait d’un simple jeu ; et, en calcul, on trouvait presque du plaisir à trouver la seconde précise à laquelle un train, mesurant tant de mètres, roulant à tant km/heure, ayant démarré de telle ville à telle heure, sortira d’un tunnel mesurant tant de mètres, se trouvant à tant de kilomètres de la ville de départ...

À propos de problème, je me souviens d’une séance de calcul mental où l’intelligence latente de notre camarade Mohamed nous fut révélée d’une manière spectaculaire. Le calcul mental était un exercice très rapide. On disposait seulement de cinq secondes pour réfléchir et répondre, sur les ardoises, à la question qui était toujours une véritable colle. Ce jour-là, l’énoncé de l’exercice s’articulait comme suit :

« Une planche mesure un mètre de longueur. On la coupe en trois coups de scie de façon à obtenir des tronçons de bois égaux. Quelle est la longueur de chaque tronçon ? »

A la fin des cinq secondes, toutes les ardoises affichaient le même résultat : 33,33 cm. Sauf celle de Mohamed qui indiquait : 25 cm. Toute la classe éclata de rire. Mais la voix grave et quelque peu moqueuse de monsieur Challal nous rappela à l’ordre : 

« Attention, rira bien qui rira le dernier ! »

Puis, il poursuivit lentement en martelant chaque syllabe : 

« Seul -Mo-ha-med-a-trou-vé-la-bon-ne-ré-ponse ! »  

À ces paroles, notre esprit s’éclaira subitement : le système des intervalles ! Hé oui, les trois coups de scie fractionnaient la planche en quatre tronçons et non en trois comme nous l’avions tous pensé précipitamment !


Par cette prouesse mathématique, Mohamed força l’admiration de toute la classe. Ce garçon, qui pratiquait l’haltérophilie, avait un corps robuste, bien proportionné. Sûr de sa solide constitution physique, il aimait nous lancer amicalement un défi qui consistait à frapper à coups de poings de toutes nos forces son abdomen très dur, où se dessinaient d’ailleurs des « tablettes de chocolat » comme on dit aujourd’hui.  À la fin de cet exercice, tous les « boxeurs » avaient mal aux poignets tandis que Mohamed – souriant - était tout heureux de cette énième performance. À la fin de ses études, après l’obtention de son diplôme d’ingénieur, il émigrera au Canada où il s’établira définitivement.
Posté le 29/12/2008 | 172 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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