LE TUNNEL DE KHERRATA
TROU NOIR... TROUBLANT

Combien de projets réalisés à coups de milliards en
devises se sont avérés être un mauvais choix, une décision irréfléchie, une
catastrophe programmée ? C’est le cas du tunnel de Kherrata qui a
nécessité plusieurs années de travaux, des dizaines de milliards de centimes en
devises fortes pour finalement accoucher d’un ouvrage qui n’en est pas un,
d’une réalisation qui est loin d’être proportionnelle aux efforts financiers et
physiques consentis.
Ce Tunnel a été creusé par une entreprise étrangère pour
pallier les inconvénients que présentait l’ancienne route, dite du
« Chabet El Akhra », dont les longs bouchons incessants perturbaient
grandement le trafic routier important. Initialement prévu avec quatre voies,
ce tunnel s’est retrouvé avec seulement deux voies en double sens séparées par
une ligne blanche continue interdisant le dépassement. Or, personne ne respecte
cette interdiction car, en suivant un véhicule lent, l’automobiliste sera
contraint de rouler en seconde vitesse, et même en première, et ce, sur sept
kilomètres !
Autre problème : les gros ventilateurs au bruit
assourdissant, mis en place pour évacuer la fumée dégagée par les pots
d’échappement des véhicules, s’essoufflent inutilement laissant place à un
brouillard opaque emplissant toute la galerie. Tomber en panne dans ce tunnel,
c’est assurément risquer d’être asphyxié par l’inhalation des gaz toxiques.
Quant à l’éclairage, il est quasi inexistant puisque les quelques lampes
allumées diffusent une lumière pâle gênant plutôt extrêmement le conducteur. En
hiver, les eaux de pluie s’infiltrent dans la voûte du tunnel et se déverse
abondamment sur la chaussée, rendant celle-ci glissante et dangereuse. Et,
miracle de la technologie moderne, quand à l’extérieur le beau temps est
revenu, à l’intérieur du tunnel la pluie continue de tomber...
En résumé, pour traverser le tunnel de Kherrata, il faut
mettre en éveil toutes ses capacités et aptitudes sensorielles, visuelles,
auditives et intellectuelles. Dans ces conditions, on peut dire que c’est à
Kherrata, et non à Alger, que se trouve le véritable tunnel... des facultés.
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