Kherrata, Hommage à Mr Challal, l'instituteur

Quarante ans plus tard, au mois d’août 1996, j’appris avec beaucoup de chagrin le décès de monsieur Challal qui résidait à Alger et que j’avais perdu de vue depuis belle lurette. En cette malheureuse occasion, quelques-uns de mes camarades de classe et moi-même avions rédigé un hommage que nous avions inséré dans la presse. En voici le contenu :

 

C’est avec un douloureux sentiment mêlé d’une profonde tristesse et de souvenirs impérissables que nous venons d’apprendre le décès du regretté Challal Djoudi, instituteur des années cinquante à Kherrata.

 

Pour nous, ses anciens élèves, à présent quadragénaires, pères de familles et cadres pour la plupart, la disparition de Challal Djoudi, « Monsieur Challal », n’est pas sans rappeler irrésistiblement celles de Mouloud Feraoun et de Mouloud Mammeri.  Car, assurément, notre maître avait l’envergure intellectuelle de ces deux humanistes immortels.

 

Sous sa férule, une férule imprégnée de pédagogie, de morale et de civisme, nous avons été façonnés pour devenir « les hommes de demain » comme notre maître se plaisait à le répéter souvent ; ces hommes qui prendraient en charge les destinées du pays, car, déjà, monsieur Challal savait : il savait que l’indépendance de l’Algérie était incontournable et que l’école et le savoir constituaient les éléments les plus importants sur l’échiquier du devenir de la Nation.

 

Monsieur Challal était instituteur, bien sûr, mais il était aussi le confident des élèves, le conseiller des parents, le sage du village…Sa présence réconfortait, ses paroles rassuraient, son dévouement stimulait…

 

Qu’il était attrayant et toujours profitable de suivre en classe les cours de monsieur Challal ! On résolvait les exercices de mathématiques sans problèmes ; on se baladait dans la géographie sans histoire ; on apprenait naturellement les sciences ; on conjuguait les temps à tous les tons ; avec monsieur Challal, tous les passés étaient simples et parfaits, même le subjonctif était plus que parfait ; avec monsieur Challal, les mots étaient vivants, les phrases joyeuses, les paragraphes guillerets, les textes éternels…

 

Merci, cher maître ! Merci de nous avoir appris à conduire nos pensées en ordre, à rester lucides en toute circonstance.

 

 Merci pour ces maîtres mots que vous nous avez légués : observation, réflexion, conclusion…

 

Rassurez-vous cher instituteur, les graines que vous avez semées n’en finissent pas de mûrir.

 

 Reposez en paix, cher maître !

 

 Certes, votre corps a disparu pour toujours, mais votre image et votre aura resteront à jamais vivantes dans nos souvenirs !

 

 



28/12/2008
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