QUAND L’ÉCRIT TRANSCENDE LES CRIS

 

QUAND L’ÉCRIT TRANSCENDE LES CRIS

 

 

 

 

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Il y a vingt-trois ans, le 2 juin 1993, un démocrate algérien disparaissait à Alger cinq mois seulement après la création de l’hebdo « Ruptures » dont il était le directeur. Il fut l’un des premiers intellectuels victime de la décennie noire.

 

 

Il s’appelle Tahar Djaout, écrivain, poète, romancier et journaliste. Il est né en 1954, date historique à la fois douloureuse et bienheureuse pour le peuple algérien. Révolution, martyrs, indépendance…

Tahar signifie « pur » en algérien ; Djaout peut être traduit par « voici venu le mois d’août, l’été ».

On a assassiné la vertu, on a assassiné la saison. L’automne et l’hiver ont recouvert le printemps.

 

 

Mais des graines de la raison et de l’espoir sont semées profondément, d’elles germeront les rayons du soleil pour relever la baisse de température.

 


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*« Attablé à la terrasse d’un café à Constantine, je regarde distraitement une personne adossée à un arbre en me disant in petto « Cet homme est mon frère, Algérien comme moi » ; et je m’amuse à chercher des indices confirmant ma pensée.

 

 

Aussitôt, j’élimine la toque afghane coiffant la tête du bonhomme ; ainsi que la longue barbe hirsute mangeant tout son visage ; exclus également le blouson en cuir et la tunique marron mi-longue ; exit aussi le pantalon bouffant, les baskets et les socquettes.

 

 

Pas le moindre petit indice d’algérianité ! Pourtant, en mon for intérieur, je savais bien que cet individu est fils de mon pays. Mais, comment le démontrer ? Une idée ! Je vais lui adresser la parole, sa réponse dans ma langue me donnera enfin la preuve recherchée.

 

 

 

Or, quelle ne fut ma surprise quand « mon frère » me répondit avec un accent étranger, dans une langue qui se trouve à mille lieues du savoureux parler algérien.

 

 

 

Qu’es-tu devenu frangin ? Pourtant, nous sommes bien en Algérie, et nous sommes bien Algériens ! La preuve, à quelques encablures d’ici, à El-Khroub, se trouve le tombeau de Massinissa »…

 

 


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Ainsi parlait Tahar Djaout, l’Algérien.

 

 

 

Lem



30/04/2016
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