UN CERTAIN 8 MAI 1945

 

ENTRETIEN SUPPOSÉ ENTRE UN JOURNALISTE ÉTRANGER

 ET UN ALGÉRIEN AUTOUR DU 8 MAI 1945

 

 

 

Le journaliste : - On m’a dit que KHERRATA était chargée   d’histoire ?

 

L’Algérien : - C’est juste. D’ailleurs, l’anagramme de « KHERRATA » est « ATARREKH » signifiant « histoire » en  arabe.

 

Le journaliste : - Qu’est-ce qui a provoqué les événements du 8 mai 1945 ?

 

L’Algérien : - Au début de la colonisation, on disait toujours « oui, oui... oui, oui... » à l’autorité établie. Puis, prenant conscience petit à petit que le joug de l’envahisseur pesait sur notre devenir, nous commencions à répliquer par « oui, mais... oui, mais... » Et pendant plus d’un siècle, nous répétions inlassablement cette objection... jusqu’en 1945. Vous connaissez la suite.

 

Le journaliste : - Qu’est-ce qui caractérisait les Pieds-noirs au temps de la colonisation de votre pays ?

 

L’Algérien : - L’espaGNOLE était surtout porté sur la bouteille ; l’ItaLIEN aimait sa famille par-dessus tout ; quant au FranSAIT, orgueilleux, il prétendait tout savoir ; et tous ces étrangers se moquaient de l’autochtone qui était pour eux une entité aussi inexistante que la quadrature du cercle, ou une bête sauvage qu’on égorge. De ce fait, ils étaient les saigneurs, et nous étions les vassaux sans gain.

 

Le journaliste : - J’ai lu quelque part que votre colonisateur vous accordait quand même certaines libertés ?

 

L’Algérien : - C’est exact. Nous étions en effet libres de claironner « Vive la France ! » ou « Nos ancêtres étaient des Gaulois ! » ; nous étions également libres de choisir les couleurs de notre drapeau, à condition d’opter pour l’emblème tricolore ; en outre, nous étions libres de choisir notre mort entre la pendaison et le peloton d’exécution…

 

Le journaliste : - N’y a-t-il donc aucun point commun entre colons et colonisés ?

 

L’Algérien : - Si. On avait les mêmes idées... phonétiquement s’entend : quand le colon pensait « terrain » ou « terrien », le colonisé pensait « tes reins » ou « t’es rien ! »

 

Le journaliste : - Néanmoins, vous disputiez des parties de football entre Algériens et Français ?

 

L’Algérien : - Oui, mais comme les matches se déroulaient sous la surveillance de l’armée coloniale, il fallait faire très attention ! Au moindre écart de notre part, et c’était le déclenchement des tirs de mitraillettes ! Certes, nous jouions au ballon, mais au... « faute-balles ».

 

Le journaliste : - Et les richesses ? Étaient-elles réparties équitablement entre les deux communautés ? Aviez-vous accès aux mêmes soins par exemple ?

 

L’Algérien : - Disons que c’était « tout » pour eux, et « toux » pour nous.

 

Le journaliste : - Le colonisateur ne vous accordait donc pas le droit d’être « Français » à part entière ?

 

L’Algérien : - Vous savez, comme le disait le tristement célèbre général américain Custer « un bon Indien est un indien mort », pour le Français « un bon Algérien est un Algérien Maure »

 

Le journaliste : - Pouvez-vous nous parler de la condition de la femme dans les deux camps ?

 

L’Algérien : - C’est simple, on disait à la Française : « Reste belle, évite le surmenage » et on criait à l’Algérienne : « Reste bête, et vite le sur-ménage ! »

 

Le journaliste : - Aïe !

 

L’Algérien : - Qu’avez-vous ? Vous vous sentez mal ?

 

Le journaliste : - Oui, j’ai des problèmes avec le gros intestin. C’est le côlon qui me fait des misères.

 

L’Algérien : - Qui ? Le colon ? Encore lui ? Il n’est donc pas parti en 1962 ?

 

 

 

 



06/05/2011
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